Deepfakes et vérification d’identité : pourquoi les entreprises renforcent leurs contrôles
Les deepfakes sont de plus en plus utilisés pour tenter de contourner les dispositifs de vérification d’identité à distance. Face à cette évolution, les entreprises revoient leurs stratégies : vérifier une identité une seule fois ne suffit plus toujours.
Qu’est-ce qu’un deepfake ?
Les deepfakes sont des contenus générés ou modifiés par intelligence artificielle permettant d’imiter de manière très réaliste le visage ou la voix d’une personne. Utilisés à des fins frauduleuses, ils peuvent servir à tenter de contourner certains dispositifs de vérification d’identité.
Des fraudes à l’identité de plus en plus sophistiquées
Pendant longtemps, les systèmes de vérification d’identité avaient principalement pour objectif de détecter :
- les faux documents
- les photos imprimées
- les vidéos rejouées
- les tentatives simples d’usurpation d’identité
Les technologies biométriques et la détection de présence réelle ont permis de renforcer considérablement la sécurité des parcours d’identité.
Mais les méthodes utilisées par les fraudeurs évoluent rapidement.
Les deepfakes générés par intelligence artificielle deviennent aujourd’hui plus accessibles, plus réalistes et plus faciles à produire.
Quand les deepfakes s’appuient sur de vraies identités
Contrairement à ce que l’on pourrait penser, les fraudeurs ne cherchent plus uniquement à créer de fausses identités.
Dans de nombreux cas, ils exploitent des identités réelles obtenues à la suite de fuites de données, de comptes compromis ou de documents d’identité volés. Ces informations peuvent inclure de vrais documents, des numéros de téléphone, des adresses e-mail ou encore d’autres données personnelles permettant de renforcer la crédibilité de la fraude.
Le deepfake devient alors un moyen d’imiter l’apparence de la personne légitime au moment de la vérification d’identité.
Si cette première étape est validée, le fraudeur peut ensuite accéder à certains services ou utiliser un compte sans avoir à repasser immédiatement une vérification biométrique.
Comment les deepfakes sont utilisés dans la fraude à l’identité
Les systèmes de vérification d’identité reposent généralement sur plusieurs étapes :
- Capture des données
- Analyse biométrique et documentaire
- Validation de l’identité
Les fraudeurs cherchent à exploiter les failles possibles dans ce processus.
Aujourd’hui, deux grands types d’attaques existent.
Les attaques par présentation
Dans ce scénario, le fraudeur présente simplement un contenu falsifié devant la caméra (photo, vidéo ou deepfake affiché en temps réel).
Ce type d’attaque reste relativement bien géré par les solutions modernes de détection de présence réelle, capables d’identifier certains comportements anormaux ou incohérences visuelles.
Les attaques par injection
Les attaques par injection sont beaucoup plus sophistiquées.
Ici, le fraudeur ne cherche plus à tromper directement la caméra. Il tente de modifier ou d’injecter des données dans le flux transmis au système de vérification d’identité.
Au lieu de présenter un visage devant la caméra, le fraudeur intercepte ou remplace directement le flux vidéo envoyé au système de vérification. Celui-ci reçoit alors une image artificielle qu’il croit provenir de la caméra.
Les limites actuelles des deepfakes
Les deepfakes présentent encore certaines limites :
- incohérences dans les mouvements
- problèmes de lumière
- artefacts visuels
- difficultés à reproduire certains détails du visage en temps réel
Les contrôles actifs (demander de sourire, tourner la tête, cligner des yeux…) permettent encore de détecter de nombreuses tentatives de fraude.
Face à l’évolution rapide des modèles d’intelligence artificielle, les entreprises cherchent à compléter la détection de présence réelle par d’autres mécanismes de contrôle afin de renforcer la sécurité des parcours d’identité.
Vers une vérification d’identité multicouche
L’objectif n’est plus uniquement de vérifier l’identité une seule fois, mais de pouvoir la reconfirmer dans certains contextes sensibles ou à des étapes clés du parcours.
Plutôt que de s’appuyer sur un seul mécanisme de contrôle, les entreprises combinent plusieurs niveaux de vérification. Cette approche permet de réduire les risques de fraude, même si l’un des contrôles venait à être contourné.
Cela peut inclure :
- une vérification documentaire
- une vérification biométrique avec détection de présence réelle
- des contrôles complémentaires lors d’actions sensibles
- une reconfirmation de l’identité directement sur site
En combinant plusieurs niveaux de contrôle, les entreprises renforcent la fiabilité de leurs vérifications tout en conservant une trace des contrôles réalisés.
Reconfirmer l’identité sur le terrain
Une personne réalise l’onboarding et les vérifications administratives, mais une autre personne se présente ensuite sur le lieu de mission.
Dans ce contexte, la vérification d’identité sur site permet de confirmer que la personne présente correspond bien à l’identité validée lors de l’onboarding.
La validation peut également être limitée dans le temps afin de garantir que le contrôle correspond bien à une présence réelle, récente et contextualisée.
Sécuriser l’ensemble du parcours d’identité
Face à l’évolution des deepfakes et des techniques de fraude, les entreprises doivent aujourd’hui penser la vérification d’identité comme un processus global et évolutif.
Les technologies biométriques restent essentielles, mais elles doivent être intégrées dans une approche plus large combinant plusieurs niveaux de contrôle.
L’enjeu n’est plus seulement de vérifier une identité une seule fois.
Il est de pouvoir confirmer, aux moments clés du parcours, que la personne présente est bien celle dont l’identité a été initialement vérifiée.
Questions fréquentes
Les deepfakes peuvent-ils tromper une vérification d’identité ?
Les deepfakes peuvent être utilisés pour tenter de contourner certains dispositifs de vérification d’identité à distance. Toutefois, les solutions modernes combinent plusieurs mécanismes de sécurité, comme la vérification documentaire, la biométrie, la détection de présence réelle et des contrôles complémentaires, afin de détecter les tentatives de fraude. Face à l’évolution des techniques d’usurpation, de nombreuses entreprises renforcent également leurs contrôles en reconfirmant l’identité à différentes étapes du parcours.
Comment se protéger des deepfakes lors d’une vérification d’identité ?
Il n’existe pas de solution unique contre les deepfakes. La meilleure approche consiste à combiner plusieurs niveaux de contrôle : vérification documentaire, biométrie avec détection de présence réelle, analyse des signaux de risque et, lorsque cela est pertinent, reconfirmation de l’identité lors d’actions sensibles ou directement sur site. Cette approche multicouche permet de limiter les risques de fraude et de renforcer la fiabilité des processus de vérification d’identité.
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